Browsing Category

Vidéos

Scénographie / Vitrine, Vidéos

Lotte Reiniger, femme d’exception et pionnière du cinéma d’animation.

January 29, 2020

Charlotte Reiniger, dite « Lotte », est une pionnière du film d’animation traditionnel et une femme de caractère qui n’a jamais abandonné ses convictions face aux vicissitudes de l’histoire. Le travail de cette artiste avant-gardiste est aujourd’hui encore d’une modernité incroyable.

Lotte Reiniger est née à Berlin le 2 juin 1899. Sa jeunesse est peu documentée, mais on sait que, petite déjà, elle se passionne pour les théâtres d’ombres venus d’Asie et pour les productions de Georges Méliès.

Elle débute sa carrière dans la troupe du réalisateur Paul Wegener qui lui confie les génériques de ses productions Rübezahls Hochzeit (Le grand mariage, 1916) et Der Rattenfänger von Hameln (Hameln le charmeur de rats, 1918). En 1919, elle réalise son premier court-métrage Das Ornament des verliebten Herzens (Les ornements des cœurs amoureux) qui lui permet d’être remarquée. En 1922, suivent les courts-métrages muets Cendrillon et la Belle au Bois dormant.

En 1923, elle commence la réalisation des Aventures du Prince Ahmed. Inspiré du conte Les Mille et Une Nuits, entièrement fait d’ombres chinoises, ce film est aujourd’hui considéré comme le plus vieux film d’animation encore préservé. Montré pour la première fois au public en 1926, il confère à la jeune réalisatrice une notoriété et une reconnaissance internationale.

Les Aventures du Prince Ahmed est d’ailleurs considéré comme son chef-d’œuvre. Pour le réaliser, elle a été aidée de son époux Carl Koch à la prise de vue, Berthold Bartosch aux effets spéciaux et Walter Ruttmann pour les arrière-fonds qui étaient manipulés séparément des personnages. Le film est en noir et blanc, mais il a été teint en trempant le positif dans un bain de couleur. La musique de Wolfgang Zelle a été créée pour l’occasion.

Grâce à ce premier succès, elle réalise de nombreux courts-métrages inspirés de contes, auxquels elle ajoute comme support sonore des œuvres classiques, souvent des pièces de Mozart qu’elle affectionne plus particulièrement. Elle réalise également régulièrement des réclames pour différentes marques.

Lotte Reiniger en 1939

Cependant, dès l’arrivée au pouvoir des nazis en 1933, Lotte Reiniger et son époux souhaitent quitter le pays. Proches de la gauche sous la République de Weimar et ouvertement amis avec de nombreuses personnes de confession juive, le climat politique de cette époque en Allemagne ne leur convient guère, d’autant qu’ils sont également proches des artistes d’avant-garde dont le travail est régulièrement qualifié de « dégénéré » par le régime. Pour autant, si la personnalité et les opinons de Lotte Reiniger sont en opposition avec le pouvoir en place, ses œuvres sont toujours appréciées pendant cette période.

En 1936, les époux Reiniger-Koch parviennent à obtenir un visa pour l’Angleterre où ils continuent de créer et fondent leur société de production. Cependant, ce visa ayant une validité limitée, ils voyagent ensuite entre Paris et Rome aux côtés de leur ami de longue date Jean Renoir avec qui ils ont travaillé sur le film La Tosca en 1941. En 1943, le couple retourne à contrecœur en Allemagne pour s’occuper de la mère malade de Lotte. En 1944, Lotte crée son premier film depuis six ans : L’oie d’or. La Seconde Guerre mondiale n’a pas seulement mis un coup d’arrêt à la création de Lotte Reiniger, c’est aussi à cette période qu’une grande partie de ses négatifs originaux ont été détruits. Une vingtaine de films ont ainsi été perdus en totalité ou en partie. Heureusement, il existait déjà des copies de son travail et certains de ses films ont ainsi été sauvés.

APRÈS LE DÉCÈS DE SON ÉPOUX EN 1963, LOTTE REINIGER CESSE LA PRODUCTION DE FILMS PENDANT PLUS DE 10 ANS

Ivan Tsarevitch et la princesse changeante : Photo
Photo ajoutée le 23 décembre 2016|Copyright Septième Factory

En 1949, le couple émigre à Londres et de 1951 à 1955, ils tournent pas moins de 15 courts métrages. En 1955, elle obtint un Dauphin d’argent à la Biennale de Venise pour The Gallant Little Tailor (1954), un épisode de la série Primrose Films (production de films pour enfants, qu’elle avait fondée). Elle est également à l’origine de nombreux logos, comme celui de la National Deaf Children’s Society, l’organisation gouvernementale pour la protection des enfants touchés par la surdité, encore utilisé aujourd’hui.

Parallèlement à ses deux derniers films Aucassin and Nicolette en 1975 et The Rose and the Ring en 1979, elle donne des conférences sur son travail pionnier.

Elle s’éteint en 1981, peu après son 82e anniversaire, à Dettenhausen en Allemagne. Son œuvre impressionnante a inspiré de nombreux artistes qui ont fait appel à elle, mais également à des réalisateurs actuels dont le plus célèbre est Michel Ocelot, le réalisateur de Kirikou et la Sorcière, de Princes et Princesses, d’Azur et Asmarou encore.

La ville de Tübingen dédie à Lotte Reiniger un magnifique musée.

Lotte Reiniger was a pioneer in silhouette animation. Her work is widely recognized as an enchantment, art and technique master piece. It was in London that she started creating short musical films using shadowgraph and in collaboration with her husband Carl Koch, an avant-garde film-maker.

With “The Adventures of Prince Achmed” out in 1926, she made one of the very first feature-length animated films in movie history. This is her most famous and widely known film. Directed over three years, it includes over 300,000 images. Shortly after it came out in Germany, Louis Jouvet organized a showing in Paris at the Champs Elysées Theatre. The audience felt in love with the movie. The town of Tübingen dedicated a whole amazing museum to Lotte Reiniger.

Artisans // The craftmen, Vidéos

Bienvenue au Moulin à papier Richard de bas.

November 6, 2019

Près d’Ambert, dans la si jolie vallée de Laga, un hameau perdu dans la verdure : le Moulin Richard de Bas est le dernier “moulin à papier” d’Auvergne. Région qui fut l’une des toutes premières à produire du papier en France et ce dès le début du XIVème siècle.

Aujourd’hui encore, le Moulin Richard de Bas est toujours en activité et produit quelques 200 feuilles de papier par jour, destinées aux éditeurs, artistes et autres amoureux de beaux papiers. C’est également le premier musée vivant de France…

For 700 years, the Richard de Bas paper mill has produced some of the world’s finest paper. The French constitution is printed on paper from this mill. And artists like Salvador Dalí, Pablo Picasso and Marc Chagall were customers. Emmanuel runs the business today. His great grandfather bought the mill in Ambert, France, during World War II, and it has stayed in the family ever since. It’s one of the last in France where paper is made by hand.

Artisans // The craftmen, Vidéos

Bienvenue au Moulin à Papier de la Tourne.

October 30, 2019

Au cœur du Parc naturel régional de la Chartreuse, niché dans le vignoble des Abymes, entre le lac de Saint-André et le Mont-Granier, le Moulin de la Tourne, reconstitution d’un moulin à papier, perpétue la fabrication artisanale du papier chiffon.

Venez découvrir le moulin à papier de la tourne, tel qu’il en existait dans le Duché de Savoie à partir du XIVe siècle, dernier encore en activité dans notre région, les secrets de sa fabrication traditionnelle, son origine, un savoir-faire artisanal insolite !

https://www.moulin-a-papier.com/

Agencement / Décoration, Artisans // The craftmen, Vidéos

Le papier Japonais produit par deux artisans en France.

October 2, 2019

Le papier Japonais produit par deux artisans en France

Benoit
Formé pendant plus d’un an auprès de 2 maîtres papetiers Japonais reconnu patrimoine immatériel de l’UNESCO, j’ai monté un atelier de fabrication de papier Japon ( washi) dans le sud de la France en 2010. Comme eux, je pratique la technique nagashizuki. J’ai également visité plusieurs ateliers à travers le Japon.
Passionné par le papier, j’ai fait des études en fabrication du papier, puis j’ai travaillé 10 ans dans l’industrie papetière, sur des machines à papier ainsi qu’en laboratoire. J’ai découvert le papier Japon en faisant une formation sur la restauration des livres anciens, ce qui m’a permis de comprendre les dégradations du papier occasionnées lors de leur fabrication.
La plante principale (Kozo) de la composition du washi est présente dans le sud de la France et pose des problèmes par son caractère invasif. La fabrication du papier Japonais se fait en parfaite harmonie avec la nature. Il faut tenir compte du terroir ou pousse le Kozo, la météo… Comme au Japon ou il y a autant de washi que d’ateliers producteurs de papiers Japonais, j’ai dû adapter la technique apprise au départ. En regardant de plus proche je m’aperçois que sans le savoir j’ai combiné les pratiques de différentes régions Japonaises.
Les maîtres Japonais qui m’ont formé me disent que j’ai inventé un nouveau washi. Pour eux, ils le reconnaissent comme un papier Japon résistant, doux au toucher et très lumineux.

Stéphanie
Issue de l’environnement, je m’occupe du façonnage papier. Au Japon, j’ai pu aborder différentes techniques avec plusieurs maitres :
Le « Bingata » : art de fabriquer les kimonos à l’ancienne : avec des couleurs et liants naturels.
Le « Katazomé » : art de fabriquer les pochoirs
Le « Suibukoga ou sumi-e » : peinture à l’encre de Chine. Préparation de l’encre.
La « gravure sur bois » pour gauffrer ou graver des motifs.
Le « suminagashi » technique Japonaise du papier marbré. Fabrication des encres.
Pose de la feuille d’or et nacre sur papier Japon.
A l’aide de toutes ces techniques je personnalise les papiers en fonction de la demande ou crée mes propres designs.

Ensemble, ils entretiennent et cultivent les plantes entrant dans la fabrication du washi.
Ils ne chlorent pas leurs papiers Japonais et ils privilégient la coloration naturelle, cela octroie à notre papier un touché, une brillance, une résistance et une lumière proche de la soie.

Benoit et Stéphanie continuent à aller se former au Japon régulièrement, car le washi est l’apprentissage de toute une vie.
Ce duo collaborent avec d’autres artisans innovants dans les techniques ensemble pour façonner des produits finis (portes Japonaises shooji, vitrail, chapeaux, robes…).Si vous avez des projets papiers impliquant plusieurs domaines de compétences n’hésitez pas à les contacter pour étudier leur faisabilité.

Atelier papetier, Benoit Dudognon

Vidéos

Comment on fabrique un livre à l’école Estienne de Paris.

September 26, 2019

Depuis sa première promotion, sortie en 1889, École Estienne a vu passer sur ses bancs des artistes de renom, comme l’illustrateur Lucien Fontanarosa, le photographe Robert Doisneau, les dessinateurs Cabu et Siné, ou encore le typographe Albert Boton. L’École Estienne a aujourd’hui plus de cent vingt ans et elle continue d’allier tradition et innovation à travers l’ensemble de la chaîne graphique.

https://www.ina.fr/video/VDD10045528

Pour mieux connaître l’école, c’est ici.

Vidéos

Le matériel de Léonard de Vinci.

September 18, 2019

Comment Léonard préparait-il son papier ? Quel matériel utilisait-il pour dessiner ? Alan Donnithorne vous dit tout dans cette vidéo passionnante et très concrète !

In this short film, conservator Alan Donnithorne explores the materials that Leonardo da Vinci used to produce his magnificent drawings. Using examples from the holdings of the Royal Collection at Windsor Castle, the film looks at how Leonardo achieved the full range of effects, tailoring his materials to particular types of drawing. Find out more about the nationwide events and exhibitions taking place to mark 500 years since Leonardo’s death

le matériel de Léonard de Vinci
Artisans // The craftmen, Vidéos

L’Aquatype, Imagerie d’Epinal

August 28, 2019

Procédé mécanique qui remplace le pochoir à la main, pour colorier en plusieurs couleurs. Cette machine d’invention française, permettant à produire de grandes séries aux couleurs vives, a été acquise dès 1902 par l’Imagerie d’Epinal. Leurs ateliers abritent 2 aquatypes à 9 couleurs, derniers exemplaires au monde. Elles fonctionnent toujours parfaitement.

l’Aquatype, Imagerie d’Epinal

Vidéos

Emile Cohl, ça Cartoonne!

August 21, 2019

Nom très connu de tous les passionnés de dessins animés, Emile Cohl est l’auteur du tout premier dessin animé de l’histoire du cinéma : Fantasmagorie.

Fantasmagorie d’Emile Kohl.

Emile Cohl né le 4 Janvier 1857, à 15 ans, il devient apprenti chez un bijoutier, mais s’intéresse déjà au dessin et au prestidigitation. Eléve du caricaturiste, André Gill, il devient illustrateur, photographe, auteur de pièces de théâtre, comédien, journaliste et magicien. A la fin du XIXè siècle, c’est un caricaturiste reconnu. Il fréquente les mouvements qui influenceront les surréalistes, des Hydropathes et des Incohérents. Il côtoie des écrivains comme Victor Hugo ou Paul Verlaine, des réalisateurs comme Sacha Guitry et Georges Méliès avec qui il partage l’art de l’illusionnisme.

En 1907, il commence à travailler pour La Gaumont. Il réalise Fantasmagorie, considéré par tous, notamment par Walt Disney comme le premier dessin animé de l’histoire. Le court métrage est présenté le 17 Août 1908 au Théâtre du Gymnase à Paris.

Théâtre du Gymnase, Paris, France

Certaines techniques pour animer les images avaient déjà été utilisées :

En 1799 Etienne Gaspard Robertson brevetait le Fantascope, un appareil d’optique qui projette des images sur un écran grâce à des obturateurs qui donnent l’illusion du mouvement.

En 1833, Joseph Plateau invente le phénakistioscope, un disque giratoire.

Un phénakistioscope.

59 ans Après en 1892, Emile Reynaud donne vie à des pantomimes lumineuses et animées.

Deux ans avant Cohl, James Stuart Blackton réalise Funny Faces, des visages dont les expressions varient, utilisant une pellicule photographique.

Emile Cohl s’approprie cette technique et après Fantasmagorie, crée Fantoche, héros du tout premier feuilleton animé.

Entre 1912 et 1914 il déménage aux Etats-Unis pour prendre la responsabilité de l’animation du studio de Fort Lee près de New York, où s’ouvrent les premiers studios d’animations.

Après avoir réalisé plus de 300 films, il arrête le cinéma en 1923.

Il meurt à l’hôpital de Villejuif le 20 Janvier 1938 et repose au cimetière du Père Lachaise, à Paris.

Emile Cohl